Le Père Noël est un athée

Dans son manteau rouge et blanc
Sur un traîneau porté par le vent
Il descendra par la cheminée
Petit garçon, il est l’heure d’aller se coucher

Un titre inspiré de Renaud, un exergue de Graeme Allwright… j’aime bien la chanson française.

J’espère que vous avez tous, mes chers lecteurs, passé un bon réveillon de Noël. Papa Noël vous a gâtés ? Tant mieux.

Quelle est donc l’origine de cette fête ? Délicate question. Chacun voit midi à sa porte.

Pour les plus pratiquants de nos amis chrétiens, la fête de Noël sera associée à la Nativité, et chargée de symboles. Ils commémoreront la naissance de leur prophète en érigeant des crèches miniatures, assisteront ensemble à la messe de minuit, et finiront la soirée beurrés comme des petits Lu.

Pour quelques impies, Noël sera une fête profane, son origine se perdant dans les limbes : Saturnales romaines, renaissance de Sol Invictus ou festivités païennes marquant le solstice d’hiver. Chauds comme des marrons depuis la nuit des temps.

Pour la majorité de nos concitoyens, il s’agira d’une fête commerciale familiale permettant de s’en payer une tranche tout en maintenant une tradition séculaire à l’aide d’une bonne dose de folklore. Sapin, traineau, rênes et cadeaux, réveillon avec foie gras, dinde aux marrons et bûche, etc. Les origines, quelle importance ? Peu importe le flacon, pourvu que nous soyons beaux comme des soleils.

Quelques-uns enfin ne fêteront ostensiblement pas Noël, fête chrétienne par excellence, beurk. Voire, pour nos amis témoins de Jéhovah, fête tout court, re-beurk, et donc à ignorer. Voyons le bon côté des choses : eux ne prendront pas leurs lits en marche.

Pour autant, la déchristianisation de cette fête me semble achevée.
Ce n’est point à Noël auquel je m’intéresserai ici, mais à son père. Et, risquant l’oxymore, me faisais la réflexion que cette divinité ne pouvait être qu’athée. Je m’explique.

Ses parents présentent à l’enfant ce personnage comme un être réel : il y croit. Nul besoin de le voir. Le mythe est soigneusement entretenu par l’entourage, l’illusion est parfaite. L’enfant s’auto-confortera dans cette croyance ô combien bénéfique. Il peut d’ailleurs à sa plus grande joie constater les traces de son passage au pied du sapin, l’heureux innocent.
Jusqu’à ce qu’un beau jour il se rende compte de la fable. Qu’il la devine par lui-même ou l’apprenne des autres, le résultat est là : le Père Noël n’existe pas. Cette découverte n’a généralement rien de traumatisant : la magie ne sera certes plus la même, mais l’enfant a mûri, les cadeaux et la fête resteront.

Vous voyez où je veux en venir ? Amis croyants qui me lisez, pardonnez la brutalité de cette révélation, mais il est temps que vous le sachiez : Dieu n’existe pas. Il n’est qu’un Père Noël pour adultes.

Le martinet ou les cadeaux selon votre comportement de l’année ? L’enfer ou le paradis selon votre conduite terrestre. La veillée de Noël ? Les cérémonies religieuses. Le pôle ? Les cieux. Vos parents ? Le clergé. Père Noël, qui voit tout, entend tout ? Dieu.
Tout pareil. Barbe blanche et rouge bonnet.

Lorsque l’enfant atteint l’âge de raison, il découvre la vérité concernant le Père Noël, celle-là même que vous connaissez bien car vous avez contribué à perpétuer sa légende. Et cette révélation n’est là que pour préparer la suivante, celle qui anéantira le cas échéant sa foi en dieu.  
L’adulte aussi peut dissiper les ténèbres de l’obscurantisme : il lui suffit de cesser de croire en ses enfantillages. La magie ne sera plus la même : elle aura pour nom Vérité.
Que la lumière paraisse ; comme d’autres avant vous, exultez : « Joie, joie, joie, pleurs de joie : je ne crois plus ! ».

Sur ces bonnes paroles, joyeux réveillon de la Saint Sylvestre à tous !

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Un commentaire pour “Le Père Noël est un athée”

  1. maman dit :

    Bravo, je t’ai lu avec plaisir. Les adultes sont vraiment pour certains indécrottables!!

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